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Colloques et appels à contribution

Colloque international « Résilience et modernité dans les littératures francophones »

Colloque international « Résilience et modernité dans les littératures francophones »

Association européenne d’Études francophones/Archives et Musée de la Littérature

22 et 23 novembre 2018 – Bruxelles

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L’Association européenne d’Études francophones et les Archives et Musée de la Littérature organiseront, les 22 et 23 novembre 2018, leur VIe Colloque international. Celui-ci est accueilli par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, comme ce fut le cas en 2011 et 2013.

Cette manifestation se réalise à l’occasion du 60e anniversaire des Archives & Musée de la Littérature, créés par Joseph Hanse, lui-même acteur de combat des Francophonies.

Encouragés par le succès des colloques précédents, l’AEEF et les AML convient leurs partenaires à une nouvelle rencontre scientifique et interculturelle autour du thème « Résilience et modernité dans les littératures francophones ».

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Pour Boris Cyrulnik, la résilience, que le chercheur n’a cessé de lier notamment à l’activité artistique, est la « reprise d’un nouveau développement après un traumatisme ». Une telle réflexion et de telles réactions concernent tout autant les traumas personnels que collectifs, parfois intimement liés par ailleurs. Ils vont donc au cœur du fait littéraire.

Le XXe siècle, au sens défini par Eric Hobsbawn, soit allant de 1914 à 1989, aura été particulièrement fécond en traumatismes planétaires. Siècle des révolutions et des génocides, il voit naître deux guerres dites mondiales qui suscitent autant d’hécatombes que de déplacements de populations et de redéfinitions des frontières. Leurs effets sont loin d’être éteints. Le principe même du génocide constitue une mise en cause radicale de tout ce qui était censé constituer l’humain. Ses causes sont loin d’être suffisamment analysées pour être contenues, ainsi que le pointait Theodor Adorno dans les années 1960.

Le XXe siècle voit en outre s’accomplir et s’achever les processus de colonisation industrielle qui ont bouleversé toutes les sociétés concernées par des dominations remodelant traditions et comportements. Elles ne débouchèrent que très rarement ou très furtivement sur des indépendances porteuses des renouveaux qu’elles semblaient impliquer et induire.

Le XXe siècle vit enfin le déploiement des espérances révolutionnaires, dont le communisme constitua l’incarnation la plus visible, mais aussi celui d’avancées esthétiques et techniques de la modernité. Celle-ci – et les avant-gardes en incarnèrent la radicalité – disparaît avec le triomphe des variantes du postmoderne ou le retour à la narration ; comme avec la mainmise du néolibéralisme sur le fonctionnement du monde et des esprits.

Durant ce même XXe siècle, la France perd la position hégémonique qui fut longtemps la sienne. Elle voit en outre surgir, dans la langue censée la définir et lui appartenir (dût la Belgique avoir par exemple produit la génération fin de siècle des Verhaeren et Maeterlinck, et les Francophonies non européennes donner Kateb Yacine ou Aimé Césaire), des œuvres littéraires fortes venues des Antilles ou du Québec, des pays du Maghreb ou du Machrek, de Madagascar ou de l’Afrique noire.

Ces œuvres correspondent à l’émergence et à l’affirmation des littératures francophones ‑ affirmations bien différentes des choix d’écrire en français effectués de longue date, et jusqu’à aujourd’hui, par tel ou tel écrivain non français.

Dans ces textes, et au travers de l’affrontement à une langue particulièrement normée, se noue le double processus – souvent conjoint – de formes de résilience aux traumas du XXe siècle mais aussi de mise en œuvre et en cause de la modernité canonique. De tels processus sont différents du postmodernisme, ne serait-ce qu’à cause de l’emprise évidente de l’Histoire dans les effets et efforts de résilience de chacun des textes concernés. Ils demeurent foncièrement occultés par diverses doxas, aussi bien française que postcoloniales.

Après s’être attaché aux phénomènes de Violence et Vérité et de Sagesse et Résistance dans les littératures francophones – toujours périphérisées par un système littéraire rétif à une prise en considération sérieuse de la structure impériale qu’il véhicule –, le colloque entend analyser la puissance et la singularité des littératures francophones – et bien sûr, de leurs œuvres majeures. Celles-ci comme celles-là tiennent pour une large part à cette dialectique à laquelle elles ne peuvent se soustraire, sous peine de perdre leur force innervante et d’entrer dans des formes de répétition mimétique ou consumériste.

Les œuvres d’Édouard Glissant ou d’Hubert Aquin, de Jean-Luc Raharimanana ou d’Ahmadou Kourouma, de Pierre Mertens ou d’Henry Bauchau, de Kateb Yacine ou d’Assia Djebar, de Valentin Mudimbe ou de Cheikh Hamidou Kane, d’Albert Memmi ou de Driss Chraïbi – et de tant d’autres – sont là pour l’attester.

Afin de permettre un tel travail transversal sur les Francophonies et de se plonger dans une temporalité historique commune, mais limitée, le colloque ne prendra pas en compte les œuvres du XIXe siècle, siècle qui n’est de toute façon pas celui des modernités radicales. Il se concentrera sur le XXe siècle (à partir de 1919), et jusqu’à l’aujourd’hui.

Il espère permettre le croisement des diverses aires qui constituent les Francophonies comme des méthodologies, toujours à réinventer à partir des singularités de ces Littératures.

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D’une durée de deux jours, ce colloque dédié à la mémoire d’Yves Bridel, de Nabil Farès et de Léon-François Hoffmann réunira ceux qui souhaitent y présenter une communication ou y participer en tant que public. Il sera l’occasion de la présentation de divers volumes, dont Sagesse et Résistance dans les littératures francophones.

Toute communication doit être présentée en français, y compris les citations. La durée de l’exposé est de vingt-cinq minutes, suivies d’un temps pour la discussion. Les propositions individuelles devront inclure un titre, un résumé de 300 mots maximum, ainsi qu’une brève notice biographique de 100 mots environ. Elles doivent être envoyées par courriel àcolloque@aml-cfwb.be avant le 8 juillet 2018. Le comité scientifique procédera à la sélection des propositions et une réponse sera adressée aux auteurs au plus tard le 10 août.

La publication des travaux est prévue sous la forme d’un livre.

L’organisation réserve l’inscription en tant que communicant aux membres de l’Aeef en règle de cotisation pour 2018. Son montant a été fixé à 30 € et peut être versé sur le compte n° 001-4824081-56 – Fortis Banque : agence Rue Royale – Rue Royale 77, B-7500 Tournai, Belgique – IBAN : BE20 0014 8240 8156 – SWIFT : GEBABEBB (Mention obligatoire : frais partagés). Gratuite pour les membres, l’inscription définitive, après acceptation de la proposition de communication, comprend la participation à toutes les activités scientifiques du colloque, ainsi que les repas du jeudi (midi et soir) et du vendredi midi.

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