Vous lisez...
Activités de nos partenaires, Comptes-rendus de lecture, Le Tarmac (Théâtre)

« Amer », mise en scène de Amine Adjina et Azyadé Bascunana

Amer : monologue de « fiction biographique » théâtrale

Par Caroline Tricotelle

cbeb11d0ff120268b9f94dcbba4d69c9

C’est un récit de vie offert par Azyadé Bascunana auquel nous assistons au Tarmac. La comédienne désire rendre hommage à sa grand-mère décédée, à laquelle elle avait fait une promesse, encore non honorée. C’est un retard, une attente, qui correspondrait pour la comédienne au dernier moyen de la garder encore en mémoire, cette grand-mère chérie, qui lui donnait tant de conseils et était sa véritable amie.

C’est aussi une commande, puisque Azyadé Bascunana a souhaité faire intervenir Amine Adjina pour en écrire le texte et la mettre en scène. De la sorte, ce matériau biographique est ouvert à l’autre afin de l’incarner autrement : pour le théâtre. C’est pourquoi Amine Adjina, dans son entretien avec Bernard Magnier, définit son travail de « fiction biographique ». Son texte se nourrit de l’histoire de la comédienne mais propose une construction favorisant la représentation d’un déchirement : la séparation de l’Algérie vécue par l’aïeule autant que le deuil.

Aussi, la forme du monologue autorise le dévoilement d’une histoire personnelle reliée à celle que nombre de personnes vivent également : cette familiarité entre France et Algérie si difficile à dire, si douloureusement portée. Les anecdotes tirées de l’enfance de la comédienne éclairent avec humour la découverte de la famille inconnue en Algérie. Son évocation sensible de l’assassinat de Cheb Hasni pendant la décennie sanglante des années 90 nous parvient par le ressaisissement du souvenir sous forme d’images poétiques : « une mer de toute les couleurs » lorsque les femmes algériennes, en hommage au chanteur, retirent leur voile et le jettent dans les flots. De plus, la possibilité d’incarner d’autres figures familiales est exploitée dans ce monologue afin d’évoluer dans le temps jusqu’à cette scène restée insurmontable pour Ginette, si ressemblante à Marguerite Duras : le départ obligé de L’Algérie.

Devenue narratrice de cette « fiction biographique », la comédienne Azyadé Bascunana transforme la promesse non tenue en un poème. Bercé aussi par l’esthétique théâtrale de Duras, ce récit intime est cette voix qui nous rappelle, comme nous dit Amine Adjina ,que « les morts ne cessent jamais d’être vivants et de se rappeler à nous ».

A voir au Tarmac jusqu’au 23 mars.

 

Advertisements

Discussion

Pas encore de commentaire.

Le tour du monde des arts francophones

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Tous les dossiers

%d blogueurs aiment cette page :