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Chronique/actualité, Cinéma

Philippe Aractingi, Héritages

Héritages ou la traversée dans le temps, d’une famille et d’un pays…

Par Valérie Nehmé

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Si l’histoire du Liban nous était contée, quelle serait-elle ? Et surtout comment serait-elle décrite par les historiens ? Manipulée, détournée, prise à partie, elle s’est quelque peu perdue au fil du temps.

Pour Philippe Aractingi, cinéaste et producteur libanais, reconnu et récompensé pour son film Sous les Bombes  sorti en 2007, il était essentiel de remonter le temps, son temps, celui de ses aïeux et plus particulièrement de retracer l’Histoire d’un pays tombé dans l’oubli depuis son indépendance en 1943.

Héritages, ou « Mirath » en arabe, est une traversée dans le temps où des images (figées et mouvantes)  d’archives du Liban et d’autres personnelles s’entremêlent pour relater un passé, celui d’un pays et celui d’un homme et de sa famille, qui depuis cinq générations,  « fuirent les guerres, les conflits, les combats, les hostilités et les massacres » pour un monde meilleur.

Tout commence en 2006 durant la guerre des 33 jours, une guerre menée par Israël contre le Liban. Philippe Aractingi et sa famille, se voient contraint de fuir une nouvelle fois le pays en pleine cassure haineuse, tout comme des milliers d’autres. C’est alors que le chemin de l’exil commence…

« Filmer les autres », selon les dires du réalisateur, ne suffisait plus. Il lui fallait mettre en image sa propre vision des faits, sa propre histoire, celle de ses ancêtres et celle de sa terre ainsi que l’exil de sa femme Diane et de ses enfants, Luc, Mathieu et Eve.

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Le premier chapitre du film voit le jour sous forme de court-métrage. Mais « par peur de faire un film trop personnel » selon Philippe Aractingi, le projet s’arrête jusqu’au jour où sa petite Eve lui pose la question suivante : « Pourquoi avons-nous quitté le Liban ? ». C’était en 2007. Cette interrogation le poussera à la réflexion. Le travail de fond peut alors commencer : expliquer la guerre, parler de la mémoire, de l’identité, de l’exil et surtout de la transmission.

Sa rencontre avec Boris Cyrulnik lui permettra de mieux sonder son approche et surtout d’éviter deux erreurs: « Ne pas parler du passé et trop en parler ».

Quatre ans plus tard, le court devient long sous forme de sept chapitres dans lesquels il se met en scène avec sa famille à Beyrouth mais aussi à Paris. En plus de leurs propres rôles,  ils se fondent dans  la grande Histoire en interprétant des bribes de vie de leurs ascendants sur cent ans (de 1913 à 2013) par le biais d’images d’archives personnelles mais aussi d’images d’archives du Liban.

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Emouvant, attendrissant, drôle, Héritages est également une leçon d’Histoire. Celle qui n’a plus d’espace d’expression depuis 1943.  « Ce film, je l’ai fait avant tout pour nos enfants, tous nos enfants » Philippe Aractingi.

En Salles le 28 Octobre 2015

Durée : 1h36

Distribution : Zelig Films

Relations Presse : Zeina Toutounji-Gauvard

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