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Chronique/actualité, Le Tarmac (Théâtre)

Quartiers Libres de Nadia Beugré au Tarmac.

De la nécessité de danser pour être libre

par Lama Serhan 

nadia

La salle s’est transformée. Il ne reste plus que deux rangs. Le public est sur le plateau. Assis par terre, adossés au mur, posés sur une estrade se trouvant à gauche de la scène, certains spectateurs se mettent à danser, plus loin un couple s’enlace et s’embrasse.

Il y a déjà un vent de liberté qui souffle au Tarmac bien avant même que Nadia Beugré, danseuse ivoirienne, n’arrive sur scène. Je sens qu’il va se passer quelque chose ce soir.

Au fond de la scène à gauche, un rideau de bouteille en plastique, très esthétique, à droite, une estrade comme pour un défilé de mode sur lequel se trouve une boule formée de bouteilles en plastique, et en avant scène, à gauche, une estrade.

Au bout d’un moment, arrive Nadia Beugré, habillée d’une robe de soirée très sexy, perchée sur des talons argentés, représentant une féminité de spectacle, elle a autour de son cou comme un collier le câble d’un micro, non branché, dans lequel elle chante cette sublime chanson Malaika 

Dès le début, elle prend conscience du public et elle se place entre nous. Elle passe, nous demande de chanter avec elle, nous regarde dans les yeux.

Très vite, la musique vient cacher son chant. Elle se retrouve sur l’estrade. Là, elle va nous livrer une danse qui va passer d’une sensualité physique très expressive, à la soumission totale en s’enroulant de son câble électrique pour en faire une corde qui l’entrave.

Une fois emprisonnée, elle se dirige vers certains spectateurs et leur demande de l’aide. A la troisième ou quatrième demande, deux femmes la libèrent de ce câble. C’est un moment d’une puissance rare, où certains ne savent comment réagir, peu habitués en tant que spectateurs à devenir acteurs.

Je ne vais pas raconter tout le spectacle, mais Nadia Beugré est parvenue à créer un moment fort dans la salle du Tarmac ce soir-là. Entre son travail de danseuse, les moments où elle fait violence à son corps, l’implication du public dans son spectacle même, la scénographie qui poussait les spectateurs à se déplacer avec elle, Quartiers Libres ne peut laisser indifférent. Elle y aborde des sujets politiques, sociaux, mais dans sa forme, elle les transpose en démarche purement artistique.

Plus une performance qu’un spectacle de danse, il est fortement conseillé d’aller soutenir ce type de propositions durant le festival d’automne à Paris. Quartiers Libres est l’incarnation d’une phrase de Phia Ménard :“ le théâtre est le dernier lieu où tout est possible”1.

Au théâtre du Tarmac jusqu’au 17 octobre

  1. Phrase prononcée lors d’une rencontre au Théâtre de la Ville le 4/10/2015 suite à la représentation de Belle d’hier. 
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