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Tahar Djaout

Tahar Djaout, Oeuvres

Tahar Djaout, pour que vive la poésie du monde (Extrait)

Par Ali Chibani

Le 26 mai 2013, cela fera vingt ans que le poète et journaliste Tahar Djaout aura été assassiné à Alger. Quelques années après sa mort, Le Dernier été de la raison paraît à titre posthume aux éditions du Seuil.

Tahar-DjaoutLe Dernier été de la raison[1] est considéré comme une œuvre prémonitoire, la fin tragique de Djaout pouvant être celle de Boualem Yekker si le récit n’avait pas été pas suspendu, voire interrompu. Ce dernier personnage est un libraire petit à petit chassé de l’espace public. Il va d’abord vivre reclus dans sa librairie jusqu’à ce que celle-ci soit fermée par les islamistes qui considèrent la littérature profane comme un sacrilège. Il est ensuite enfermé chez lui où il reçoit des appels et des courriers menaçants. Inscrit dans l’urgence, Le Dernier été de la raison comporte néanmoins une longue et fine analyse du phénomène de l’extrémisme politique et religieux ainsi que de ses mécanismes et caractéristiques : refus des différences, refus du doute et de la remise en question, lecture fondamentaliste du Livre. Dans ce roman, malgré la rapidité de l’écriture, Djaout le journaliste-chroniqueur – l’écriture journalistique est très sensible dans ce roman – est rapidement rattrapé par Djaout le poète qui ponctue son récit par des passages poétiques où la beauté des mots, la liberté de leurs alliances résistent au travail de la mort et de la politique destructrice :« En contraignant les mots et leurs agencements à des usages insolites, on brise des chaînes, on habitue les hommes à prendre avec l’ordre…l’ordre, ce vilain mot… des libertés… la liberté, ce beau mot… et si je peux encore faire de la littérature, à faire concurrence à Dieu[2]. »

Un poète-né

La poésie est dans toutes les œuvres de Tahar Djaout. D’ailleurs, l’auteur a commencé sa carrière littéraire avec des poèmes dans des revues littéraires dont Souffles dirigée par Tahar Ben Jelloun, Mohammed Kheir-Eddine… Il publie par la suite Solstice Barbelé[3],L’Arche à vau-l’eau[4] et Pérennes[5] – aujourd’hui malheureusement épuisés comme la plupart de ses œuvres d’ailleurs – dans lesquels on retrouve les leitmotivs qui vont accompagner toute sa littérature.

Dès ses premiers recueils donc, Tahar Djaout semble être habité par un certain nombre d’images et de désirs poétiques qui hantent ses romans. Ces recueils sont très marqués par les constructions de la poésie orale et des chants liturgiques. Djaout semble avoir bien questionné les structures et le fonctionnement des littératures orales mais aussi des langues algériennes, notamment le kabyle sa langue maternelle que l’on entend clairement dans le choix des mots et le rythme de ce poème écrit en français :

« errant au pas doux comme l’eau,

que ton chemin soit de plaine pour arriver jusqu’à nous

nos cités ceintes te sont offertes

en leurs apparats d’argile ».

 

La poésie de Djaout s’inspire des lieux qu’il a souvent visités comme le désert et Paris, de l’espace maritime d’Azeffoun où il est venu au monde le 11 janvier 1954, de la ville d’Alger particulièrement la Casbah où il a grandi. L’œuvre djaoutienne est en effet très autobiographique, car, comme le prouve L’Invention du désert[6], l’écrivain a toujours voulu opposer un récit historique imaginaire, libre individuant et poétique au récit historique officiel clos, au service des autorités politico-religieuses et toujours à sens unique.

Pour lire la suite sur Cultures Sud, cliquer ici.

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