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Yasmina Khadra

Yasmina Khadra, L’équation africaine

Pour Yasmina Khadra, heureux les mortels qui vivent deux fois

Par Ali Chibani

 

 

 

 

 

Yasmina-Khadra-Equation

 

D’après la quatrième de couverture,« L’Équation Africaine s’inscrit dans le prolongement de la trilogie consacrée à notre époque défigurée par le choc des cultures et des mentalités : la trilogie du Grand Malentendu (Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat et Les Sirènes de Bagdad). »

L’Équation Africaine est narré par Kurt Krausmann. Médecin de son état, il habite à Frankfurt en Allemagne. Il vit dans le confort et nage dans le bonheur avec sa femme Jessica. Cela dure jusqu’au jour où tout s’effondre subitement avec le suicide de son grand amour. La mort entre violemment dans sa vie, et elle va l’occuper pendant longtemps. Pour se changer les idées et surmonter le deuil qui le frappe, le jeune médecin accepte de prendre le large à bord du voilier de son ami Hans. Les deux Allemands sont interceptés dans le golfe d’Aden par des « ravisseurs dépravés » qui les prennent en otage. Le docteur Krausmann va connaître la famine, les coups et l’humiliation. Séparé de son compagnon, il finit son parcours dans un camp de réfugiés au Darfour où il réapprend à vivre.

« Nous ne sommes que des souvenirs ! »

Ce que nous raconte le narrateur, c’est l’histoire de sa propre déshumanisation et de sa renaissance à l’humanité. Le suicide de Jessica équivaut à la mort symbolique de son époux. S’il a sauvé dans son esprit et dans sa mémoire la beauté de sa femme, il ne peut s’empêcher d’assister à sa propre décomposition comme « mort-vivant » livré au vide. La décomposition du corps et de l’âme de Kurt file la métaphore de la décomposition de l’humanité. En effet, le médecin s’écrie : « L’amour du ciel ?… L’amour ; ça se passe ici-bas, sur cette saloperie de terre où tout se décompose… Rassure-moi, Claudia. Suis-je encore beau ? ». Pour finir avec le thème de la décomposition, Yasmina Khadra pousse son inspiration rilkéenne si loin que l’horreur devient, au moins pour un temps, ce qui domine et efface tous nos repères pour nous poser au bord du précipice du non-sens où le Bien n’est qu’une vulgaire dérision du Mal. Pour preuve, Kurt réagit avec dégoût devant l’obstination du docteur Juarez, médecin à la Croix-Rouge, dont la fonction littéraire est assimilable à celle de l’écrivain : « son dévouement me paraît aussi inhumain que les conditions auxquelles sont confrontées ces peuplades végétatives qu’elle tente de sauver. »

Pour lire la suite sur Cultures Sud, cliquer ici.

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