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Fadéla M'Rabet

Fadéla M’Rabet, Le Muezzin aux yeux bleus

Fadéla M’Rabet, Le Muezzin aux yeux bleus (extrait)

Par Ali Chibani

 

Fadela-M'rabetLe dernier ouvrage de Fadéla M’Rabet est un récit autobiographique sincère et audacieux. Mêlant souvenirs d’enfance et Histoire, il constitue une méditation profonde sur la mixité identitaire et l’évolution politique en Algérie et dans le monde.

Le muezzin aux yeux bleus nous situe, par son titre, entre l’abstinence religieuse et l’érotisme. Le personnage éponyme, qui ne fait qu’une furtive apparition, illustre la quête de Fadéla M’Rabet d’une double sacralité et d’une double culture. Jouissant « d’un statut d’asexué », figure de savoir et de pouvoir, le muezzin est le symbole de la rétention physique car il représente le guide spirituel soumis aux préceptes religieux. La focalisation que fait l’auteur sur ses yeux bleus permet les phantasmes érotiques des femmes : « Elles étaient toutes debout, le regard tourné vers le minaret comme vers La Mecque. La tête du muezzin aux yeux d’azur se dessinait dans la clarté d’un après-midi d’été ».

Fadéla M’Rabet inscrit ainsi son récit dans une double culture : l’une où l’on est fasciné par le pouvoir des figures d’autorité et une autre où le désir de liberté presse l’individu. Cette double orientation culturelle, l’auteur l’a connue dans son enfance dans sa ville natale en Algérie. Skikda est décrite comme un espace-temps à la fois rythmé par les rituels appels à la prière et ouvert sur la mer et les sirènes des bateaux en partance pour Marseille. La France et la culture française sont très présentes dans Le Muezzin aux yeux bleus. L’auteur veut présenter, à sa manière, son équilibre identitaire forgé par une double culture arabo-musulmane et française : « Quand je parle en arabe, je pense en arabe. Quand j’écris en français, je pense en français ». Deux cultures mythifiées acquises dans le sillage de Baba, son père.

Fadéla M’Rabet présente son père comme un homme de foi qui possédait parfaitement la langue arabe littéraire et la langue française. Il est question d’un homme tolérant qui refusait le rigorisme religieux de certains de ces concitoyens : « Avec ce père croyant, mais rationaliste, les valeurs qui m’ont été transmises étaient fondées sur la raison et le libre arbitre. La société dans laquelle j’ai vécu mettait l’individu face à Dieu, sans intermédiaire d’aucune sorte ». Le père est donc une figure fondatrice…

Pour lire la suite de l’article sur Cultures Sud, cliquer ici.

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