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Abdourahman A. Waberi

A.A. Waberi, Aux Etats-Unis d’Afrique

Nouvelles Utopies (pan)africaines

par Célia Sadai

« Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé » (Pascal, Pensées, 90).

L’utopie africaine au cinéma : Sylvestre Amoussou, Africa Paradis

En Février 2007 sortait sur les écrans le film du Béninois Sylvestre Amoussou, Africa Paradis. L’histoire se déroule en 2033, aux Etats-Unis d’Afrique, premier monde prospère. La parcours relaté, c’est celui d’un couple issu d’une France tiers-mondiste – l’ouverture du film dévoile un Paris apocalyptique qui rappelle les faubourgs des Misérables. Le lieu clé, c’est l’Ambassade des Etats-Unis d’Afrique, où les Français se rendent dès l’aube dans l’espoir d’obtenir un Visa. C’est dans une scène cocasse et subversive que l’on découvre Olivier, ingénieur, et Pauline, institutrice, candidats à l’exil. Le chef de l’immigration leur propose des emplois d’ouvrier ou d’employée de ménage – leur précisant que les Etasuniens possèdent déjà de prestigieuses écoles formant ingénieurs et instituteurs. Au même moment, aux Etats-Unis d’Afrique, les députés se rassemblent autour de la Présidente, pour discuter de nouvelles lois sur l’immigration. Dans un amphithéâtre aux allures de vaisseau spatial, deux députés s’affrontent : Yokossi, du parti radical africain, et « extrémiste anti-blancs » ; et Koudoussou, du parti libéral africain, qui souhaite intégrer les européens à la vie citoyenne des étasuniens.

A Paris, le couple, déçu, recourt aux services d’un passeur, et atterrit aux Etats-Unis d’Afrique … aux pieds des gardes-frontières. Ils sont alors transférés dans un camp de transit en attendant leur expulsion. C’est ici que le couple se sépare. Olivier s’enfuit du camp et Pauline décide de l’attendre en France. Cependant, Olivier est la proie d’une chasse à l’homme et Pauline, inquiète, parvient à rester en Afrique et devient l’employée de ménage du Député Koudoussou. Olivier erre clandestinement, jusqu’à intégrer un foyer communautaire où s’entassent les immigrés d’Europe – et où s’organisent des actions militantes en faveur de leurs droits. Evoluant chacun seul, Olivier et Pauline connaissent donc des sorts différents. Pauline est courtisée par le Député, et entame une relation. Lors d’une manifestation pour les droits des immigrés, elle retrouve Olivier. Mais la romance s’achève quand elle choisit d’épouser Koudoussou : Olivier est expulsé hors des Etats-Unis.

 


  L’utopie africaine dans les lettres

Le film d’Amoussou présente peu d’intérêt du point de vue cinématographique, vu la pauvreté des moyens de la réalisation. En revanche, ce qui séduit, c’est le regard utopique qu’Amoussou porte sur l’Afrique. Posture inédite ? Quelques mois avant la sortie du film, le djiboutien A.A.Waberi publie le roman Aux Etats-Unis d’Afrique. Après le célèbre Cahier Nomade, Aux Etats-Unis d’Afrique est un nouveau récit de voyage : au départ, le nouvelliste cherchait à « fabriquer une mythologie djiboutienne » à partir d’un espace mythique – sable dévorateur, soleil accablant, léthargie fiévreuse des « brouteurs de khat ». Ici, l’écriture cartographique subvertit la mappemonde. Le globe s’est divisé en deux pôles, dominants au Sud (les Etats-Unis d’Afrique) et dominés au Nord (l’Euramérique).

Comme dans Rifts, Routes, Rails (2001) qui portait la mention « variations romanesques », Aux Etats-Unis d’Afrique est un recueil de fragments impressionnistes, épistolaires, ou de pastiches scientifiques ; sans unité propre. Chaque chapitre est le lieu d’un récit où l’utopique rencontre l’absurde, et l’ensemble du roman fonctionne par accumulation et amplification.

Le roman raconte l’exil des Caucasiens, et explique la particularité africaine – le goût de l’archive et le lexique savant sont des traits de l’effet de réel. A la sphère collective des exilés répond le trajet intime de Maya, personnage central absent et muet, sauvée de la misère normande par Docteur Papa, médecin humaniste « […] vaquant dans des dispensaires de bocage en Gironde, en Andalousie ou dans les Carpates portant sur ses épaules toute la misère de Manhattan, menant des campagnes de vaccination, contribuant à l’éradication de la poliomyélite qui fait encore rage dans la lagune paludéenne de Venise […] » (114). Le narrateur, comme s’il était sa propre conscience, raconte l’exil intérieur de Maya : songes, fantasmes, angoisses et souvenirs, toutes les formes de l’imaginaire sont convoquées. Ainsi, le roman alterne entre le drame collectif des exilés d’arrière plan ; et l’odyssée intime de l’artiste Maya.

 

            Le pays rêvé

Comme il figurait un Sahel mythologisé dans la trilogie djiboutienne, Waberi travaille à l’acte d’image, ou la refonte des représentations ; selon l’idée que le monde est une fabrique d’images qui scelle le destin des continents – du réel à la fiction. Ainsi, manipuler l’imaginaire sur l’Afrique, c’est en relire les symboles et les traces qui vont nourrir la fiction utopique. L’utopie se définit comme une fuite du réel vers la représentation d’une idéalité. Dès lors, on s’interroge : la fable utopique est-elle le lieu d’un fantasme irrationnel, ou le miroir inversé d’un réel condamné ? De même, étymologiquement, c’est « ce qui n’a pas de lieu ». Après la trilogie et ses images terrestres, penser l’Afrique dans son rapport au monde conduit à une approche par le regard qui fait chuter le réalisme.

Le siège du Narrateur, c’est Asmara, capitale de l’Erythrée, mais aussi l’Asmara de fiction, la capitale des « Etats-Unis d’Afrique ». Ainsi étendue à l’espace continental, la ville pose le principe d’inversion d’une cartographie imaginée. Dès l’incipit, le regard en contrepoint dépayse et fait sourire :

Il est là, fourbu. Silencieux. La lueur mouvante d’une bougie éclaire chichement la chambre du charpentier, dans ce foyer pour travailleurs immigrés. Ce Caucasien d’ethnie suisse parle un patois allemand et prétend qu’il a fuit la violence et la famine à l’ère du jet et du net. Il garde pourtant intacte l’aura qui fascina nos infirmières et nos humanitaires. Appelons-le Yacouba, primo pour préserver son identité, deusio parce qu’il a un patronyme à coucher dehors. Il est né dans une insalubre favela des environs de Zurich, où la mortalité infantile et le taux de prévalence du virus du sida – un mal apparu, il y a bientôt deux décennies dans les milieux interlopes de la prostitution, de la drogue et du stupre en Grèce, et devenu une endémie universelle aux dires des grands prêtres de la science mondiale réunie à Mascate, dans le preux royaume d’Oman – restent parmi les plus élevés selon les études de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), installée, comme chacun le sait, chez nous, dans la bonne et paisible ville de Banjul. Elle accueille également la crème de la diplomatie internationale censée décider du sort des millions de réfugiés caucasiens d’ethnies diverses et variées (autrichienne, canadienne, américaine, norvégienne, belge, bulgare, britannique, islandaise, portugaise, hongroise, suédoise…), sans mot dire des boat people squelettiques de la Méditerranée septentrionale qui n’en peuvent plus de zigzaguer devant les mortiers et les missiles enténébrant les infortunées terres d’Euramérique.[…] Des petits écoliers français, espagnols, bataves ou luxembourgeois malmenés par le kwashiorkor, la lèpre, le glaucome et la poliomyélite ne survivent qu’avec les surplus alimentaires des fermiers vietnamiens, nord-coréens ou éthiopiens depuis que notre monde est monde. Ces peuplades aux mœurs guerrières, aux coutumes barbares, aux gestes fourbes et incontrôlables ne cessent de razzier les terres calcinées d’Auvergne, de Toscane ou de Flandre quand elles ne versent pas le sang de leurs ennemis ataviques, Teutons, Gascons et autres Ibères arriérés. (11-13)

 

De fait, la mimesis subversive contamine discours et symboles ; l’image agit par substitution.

Les Caucasiens sont des marginaux déshumanisés : la posture ironique du Narrateur est la clé des effets. L’incipit raconte l’irruption dans « la cahute de notre pouilleux charpentier[1] germanique […] Il est à mille lieues de notre confort sahélien le plus courant. Qui est le plus éloigné de nous : la Lune astiquée par des astronautes maliens et libériens ou cette créature ? » (14). Les bouviers du Sud, la police montée du Maghreb, les crotales du Tibesti, les sherpas du Kilimandjaro, sont autant de « cavaliers de l’Apocalypse », gardiens des frontières aux « pectoraux gonflés d’orgueil et de préjugés, cervelle au ras de la gamelle.» (45). Le récit collectif s’intéresse aux personnages secondaires qui parasitent le décor ;  hors-temps et hors-monde. C’est le cas des vendeuses ambulantes et des prostituées, femmes réfugiées au corps agonisant, support d’un pamphlet sur les rythmes de l’Histoire. La seule frontière entre les mondes est temporelle :

Depuis leur arrivée en Afrique, c’est motus et bouche cousue. Délaissées, les grandes questions qui n’ont pas de réponses immédiates. Oubliées, les interrogations brûlantes du genre qui elles étaient, pourquoi elles étaient ce qu’elles étaient. Elles étaient nées, apprendras-tu plus tard, dans un petit village normand au milieu de frustes cultivateurs. Mais la guerre contre les Bretons, leurs frères ennemis, ravageait cycliquement cette contrée damnée. Tout était bon pour déterrer la hache de guerre : le statut du Mont Saint Michel, le partage des puits et des zones de pâturages, la concurrence des clochers, ou la bataille de la sardine. […] Elles ont mis six ans pour arriver dans ce pays et huit mois pour se retrouver ici même, devant cette banque, au milieu de cette foule qui ne se prosterne que devant le billet vert, la précieuse guinée qui lui permet d’engloutir les Mc Diop par tonnes et la bière Safari par hectolitres. (121)

Comme dans le film d’Amoussou, Paris est « la lèpre urbaine, l’architecture de la résignation ». En revanche, l’Ubermensch africain est l’homme au centre du monde – la géocosmogonie pour preuve :

Il a mis sur pied une échelle de valeurs où son trône est au sommet. Les autres, les indigènes, les barbares, les primitifs, les païens, presque toujours blancs, sont ravalés au rang de parias. [A l’origine] L’Afrique se trouvait au sud d’un bloc unique appelé le Gondwana. Plus tard, le Gondwana se disloquera en moult continents dérivant, mais seule l’Afrique restera fixe, au centre du monde. Tu retiendras l’essentiel : l’Afrique était déjà au centre, et elle le reste encore. (67)

 

 

La référence panafricaine

Le procédé d’inversion affecte l’ensemble des signes du réel au point que le roman tend parfois vers la saturation et l’effet « catalogue ». Tout est systématiquement africanisé, comme le carnet de voyage de Maya, « ce genre de carnet de moleskine, muni d’un élastique, rendu célèbre par Aimé Césaire, Chéri Samba, Jean-Michel Basquiat, Farid Belkahia et Kateb Yacine […] ». De même, le récit de voyage d’André Gide, Voyage au Congo, devient « Un soir sur le Danube de Nzila Kongolo wa Thiong’o (1786-1852) » (66). Le poème « Femme noire » de Senghor est revisité : «  Femme blanche, femme pâle / Huile que ne ride nul souffle,  huile / Calme aux flancs du marin […] Mzee Maguilen Joal. » (176). Ainsi, quand « l’exception culturelle africaine » est menacée, les Africans Queens et alii, s’investissent d’une mission patriotique, « Comme de coutume, ils se mettront à geindre que mille hydres enserrent notre civilisation et recommanderont la reconduite à la frontière de ces nymphettes à la blancheur immaculée, striées de vices. » (93)

Lors du voyage à Paris de Maya, l’inversion affecte la langue : c’est le Somali qui est la « langue de la diplomatie et du négoce universel » :

 N.B. : Quelques remarques à retenir : 1.Notre son C guttural n’existe pas en français. A tort, cette langue orthographie le son K par la lettre C, voire par la lettre Q. Ce qui manque singulièrement de logique. 2. La lettre X se prononce à peu près comme eks, rien à voir avec notre soyeux X comme dans xarirr. […] 4. Enfin, contrairement à nos langues à tons, à accents et à clics, le français est  une langue monotone, dépourvue d’accent et de génie. […] Une langue en mal d’écriture et de savoirs fixes. Une langue en manque de gloses, d’analyses, de manifestes, de conciles ou de séminaires. Une langue sans revue et, bien entendu, sans académie ni panthéon. Pas étonnant que le moindre de nos infirmiers s’improvise ethnopsychiatre commerçant avec les esprits des bois tout en jonglant avec leurs totems ; que le plus insignifiant de nos clercs se fasse passer pour linguiste expert en langues indo-européennes. (193-194)

 

 De l’utopie à l’uchronie

A l’origine du projet utopique, on hésite : relecture vengeresse des théories de la « table rase » ? Regard lucide et résigné sur l’impossibilité africaine? Invitation à défendre une posture orgueilleuse, comme Senghor érigeant la figure mythique de Chaka Zulu dans l’épopée des Ethiopiques[2]? Comme le mythe, les récits utopiques répondent à un besoin social : y a-t-il une relation possible entre l’Afrique et le Monde ?

Les récits du béninois et du djiboutien ont une posture commune et révélatrice d’une sensibilité nouvelle chez les artistes africains. Tout se passe comme si l’on faisait désormais fi d’un tragique qui colle à l’image de l’Afrique. Le dépassement a pour lieu la métamorphose des imaginaires : il s’agit de remotiver l’orgueil d’un continent.

Pourtant, même si l’Afrique est le premier monde, le monde n’a pas changé pour autant. Il n’y a pas de métamorphose, juste une heureuse inversion. Ainsi, au-delà d’une utopie fantasmatique, Waberi s’abandonne à la spéculation du récit uchronique, qui repose sur le principe du détournement historique, et propose une « histoire alternative » : du non-lieu (u-topie), on glisse vers la non-histoire (u-chronie) : « Et si l’Afrique était le premier monde ? ».

L’uchronie permet certes d’annuler la « table rase » historique. Collecteur et enquêteur, Waberi recense les indices et les noms d’une Grandeur africaine :

 

Les grands noms de l’Histoire fédérale ont quitté leurs postures majestueuses tout en statues, cariatides, obélisques et bronzes érigés aux quatre coins des villes, pour  finir en petits Jésus sous cloches à cinq guinées pièce. […] Cela nous fait de la peine de voir Nelson Mandela, Hailé Sélassié, Zumbi, Julius Nyerere, Sarraouina, Ousmane dan Fodio ou le géant Muhammad Ali captifs dans ces petites boîtes de plastique, dressés sur un minuscule monticule de sable, sans une once de canonisation cosmétique qu’on réserve d’ordinaire aux morts illustres. (ch.11, 72)

 

Pourtant, malgré la défaite occidentale, il y a 23 ports esclavagistes dans le « Nord-Est africain béni par la Providence. » (65). C’est l’occasion de pasticher le Discours sur le colonialisme (Aimé Césaire):

 

Ports enfin nourris, pendant une trâlée de siècles, par le bois d’ivoire en provenance de toute l’Europe, surtout des pays slaves, acheminé jusqu’au cul de l’Afrique en passant par l’Asie Mineure, la Palestine et l’Arabie heureuse. Or donc, de cette traite millénaire, de ces comptoirs, de ces plantations de céréales et de canne à sucre, pas d’échos dans la mémoire. Peu de traces dans la pierre à Asmara, à Massawa, à Obock, à Port-Saïd ou à Benghazi, les plus vieilles cités de la région, d’où la civilisation africaine a envoyé ses soldats et ses missionnaires, ses clercs et ses géographes. (66)

 

Deux postures s’offrent à l’artiste : affronter le « serpent du réel » et être le « greffier du temps » ou bien sortir du réel et se faire « fabricant de mythologies » en s’emparant des territoires de l’imaginaire – comme Maya, personnage à la pensée périphérique et « douée pour le nomadisme fertilisant ». Nécessité salutaire, la fable dans l’œuvre wabérienne est la seule sortie possible de la crise européenne – comme de la détresse africaine : le projet utopique de Maya rejoint le projet réel de l’écrivain djiboutien :

 

Or, ici, il est pour ainsi dire impossible d’échapper au nous fièrement claironné. Fierté d’être français ; fierté d’être normand ou breton ; fierté d’être catholique ; fierté d’être orthodoxe ; fierté d’être protestant. Les autochtones consomment des surdoses d’identité à s’en éclater la cervelle. Pire, ils sont dressés et éduqués pour s’entre-détester, s’entre-nuire, s’entre-dévorer. […] Un brin d’imagination ne fera de mal à personne et surtout pas à la Banque mondiale, sise à Asmara. Il suffit d’une poignée de guinées de plus au chapitre de l’aide au développement pour traduire en français, en anglais, en allemand, en flamand ou en italien non seulement les grands romans africains, brésiliens et européens mais également toute la grande littérature du monde. Et il faut insister pour que les enfants d’Europe puissent découvrir, outre la Bible et la Torah, les fleurons de toutes les civilisations, les proches comme les lointaines. Si les récits refleurissent, si les langues, les mots et les histoires circulent à nouveau, si les gens apprennent à s’identifier aux personnages surgis d’outre-frontière, ce sera assurément un premier pas vers la paix. Le mouvement d’identification, de projection, de compassion, voilà la solution. Et c’est tout le contraire de l’identité inquiète et inquiétante largement cultivée. Au lieu du « nous » fièrement claironné, « nous » roulant les mécaniques, gonflant les pectoraux, c’est un autre « nous » en diffraction, en interaction, en traduction, un « nous » en attente, en écoute, bref un « nous » en dialogue qui viendra. (202)


[1] « Yacouba le charpentier » est à l’image de Job ; personnage biblique du Juste dont la foi est mise à l’épreuve par Dieu. L’analogie biblique dévoile-t-elle un hommage à l’exilé ?

[2] Senghor L.-S., Ethiopiques, 1956. Le projet de la Négritude consistait à définir un « essentialisme nègre » qui émanciperait l’art du regard occidental. Voir aussi le projet de Cheikh Anta Diop in Nations nègres et cultures (1954), ou les théories panafricanistes de N’Krumah, cité à plusieurs reprises dans le roman.

WaberiNé en 1965 à Djibouti, Abdourahman Ali Waberi est l’auteur d’une thèse en littérature sur Nuruddin Farah. Actuellement en résidence à Berlin, depuis août 2006, il vivait depuis 1985 à Caen où il enseignait l’anglais. Il enseignera les littératures francophones aux États-Unis à partir de la rentrée prochaine. Nouvelliste au départ, attiré par le fragment, inspiré de contes, son recueil de nouvelles Cahier nomade publié au Serpent à Plumes en 1994 puis réédité en 1999, a reçu le Grand Prix de l’Afrique noire 1996. Cahier nomade est le deuxième recueil d’une trilogie sur Djibouti entre Le Pays sans ombre et Balbala.

En 2000, il publie Moisson de crânes chez Le Serpent à Plumes, l’un des dix textes écrits dans le cadre du projet initié par Nocky Djedanoum et proposé à dix écrivains africains non rwandais en 1998 : « Rwanda : écrire par devoir de mémoire ». L’éditeur présente ainsi cet ouvrage, p. 7 : « Saisi par l’urgence de rendre compte, en artiste, du génocide survenu au Rwanda, il a choisi l’essai, le témoignage, mâtiné de fiction. Il s’est pour cela rendu sur place, à deux reprises, en 1998 et en 1999, et il y a vu cette horreur qu’il décrit dans Moisson de crânes : les massacres à la machette, à la grenade, les émasculations, les viols, la mutilation de corps encore vivants, le désarroi, la peur, le dénuement… Une vérité historique quasi indicible dont il restitue les échos avec la force de l’écrivain et du poète ». 

Il publie chez Gallimard dans la collection « Continents noirs » Rift Routes Rails, variations romanesques en 2001 puis Transit en 2003. Son dernier ouvrage, Aux Etats-Unis d’Afrique a été publié chez Jean-Claude Lattès en 2006.

Abdourahman Ali Waberi, également critique, est signataire du Manifeste des 44.

 

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